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Notre poêle, l'âme de la maison!

Notre poêle a été témoin  de plus d'une veillée,
a accompagné de sa voix grave,
plus d'une chanson entendue des violoneux.

Il a été témoin de voir notre mère
tricoter le soir tard, bercer un enfant malade...
Et des soirs, tomber endormie de fatigue
dans sa berçante près du poêle.

Près de notre poêle,
il s'en est raconté des histoires.
Par des soirs de grand froid,
toute la famille était autour du poêle,
pour parler, rire et dire des prières du soir.

Maman sur ce poêle, nous fit des mets merveilleux:
creton, cipaille, beans, des toasts sur la grille, du cocoa,
des buns et de délicieux réveillons le soir de la minuit.

À l'été, dans les grandes chaleur,
notre poêle se reposait
sauf les journées de cuite de pain.
Mais sitôt venait l'automne
notre poêle se réveillait.
Et tout l'hiver, sa respiration s'échappait du toit.

Au temps des grandes rafales de l'hiver,
il chantait, ronflait ou murmurait.
Il défendait notre maison contre le froid qui pince,
C'était l'âme de la maison!
Il servait à allumer les pipes des visiteurs avec un tison.
L'oeil rouge, qui perce sa porte,
révélait les souffrances éclatantes et mystérieuses
du bois qui pleure.

Il réchauffait les mains et les pieds des enfants.
Le soir quand la lampe était éteinte,
son feu jetait des ombres qui bougeaient sur les murs.
C'était beau à voir et on entendait son chant,
dans le silence de la nuit.

Extrait du livre: "Mes souvenirs de Rimouski et de St-Marcellin" de Jean-Louis Labbé