Cet article est tiré du journal communautaire de Ste-Félicité de l’Islet où Jean-Louis est allé jouer du violon à plusieurs reprises. Jean-Louis connaissait la plupart des musiciens de Ste-Félicité et était un ami intime de Joseph Pelletier. C’est à cause de cela que nous avons jugé approprié de publier cet article dans ce site web. Le journal communautaire de Ste-Félicité se nomme « Le Survol de Ste-Félicité ». L’article a paru dans l’édition de septembre 2005 (Volume 6, No. 4). Nous remercions les responsables du journal de nous avoir donné la permission de le reproduire ici.

 

HOMMAGE À NOS MUSICIENS

 

On peut se raconter l'histoire d'une vie

On peut se raconter l'histoire d'un pays

On peut se raconter nos malheurs

On peut aussi se rappeler le meilleur

On peut se raconter nos souvenirs et

De ce qui nous faisait rire

On peut se rappeler nos sets carrés

On peut se rappeler ceux qui ont chanté et dansé.

On peut se souvenir des steppettes de nos «gigueux » et de l'énergie de nos «calleux »

On peut se rappeler nos musiciens

Et oui, ils ont été et sont encore les miens

Ils ont été et sont encore les tiens

Que de magnifiques souvenirs imprégnés à jamais dans nos mémoires

Souvenirs que nous avons vécus, que nous partageons et que nous vivrons encore et encore. Des décennies de musique traditionnelle

Eh! Oui je m'en rappelle

Cette belle musique traditionnelle me donne encore des ailes.

 

Peu de pays peuvent se prévaloir d'une musique folklorique aussi riche et culturellement diversifiée que celle du Canada. La musique folklorique traditionnelle d'origine européenne est présente au Canada depuis l'arrivée des premiers colons français et britanniques au cours des XVIe et XVIIe siècles.

 

Ces premiers arrivants pêchèrent dans les eaux côtières et cultivèrent le sol sur les rives de ce qui allait devenir Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l'Ile-du-Prince-Edouard et la vallée du fleuve Saint-Laurent au Québec. Les commerçants de fourrure et, plus tard, les bûcherons contribuèrent de façon importante à répandre cette musique plus loin à l'ouest et au nord, à l'intérieur des régions boisées du centre du Canada.

 

En dépit d'une industrialisation intensive, la musique folklorique traditionnelle a survécu dans un grand nombre de régions jusqu'à nos jours. Elle a traversé les villes, les montagnes et les villages. Nous la retrouvons aussi ici chez-nous bien enracinée.

 

Déjà enfant, le violon, l'accordéon, la musique à bouche, la chanson, les sets carrés et la gigue faisaient partie de nos vies. Dans presque toutes les familles, il y avait un ou plusieurs musiciens, chanteurs et gigeurs et toujours assez de monde pour faire un set carré.

 

En vieillissant, certains se sont découverts du talent pour certains instruments et dautres, une belle voix. Cet amour de la musique a été transmis par papa, grand-papa, un oncle ou un voisin. Toutes les occasions étaient bonnes pour se divertir. II faut dire qu'il y a 100 ans, les divertissements passaient après le travail mais la plupart de nos ancêtres aimaient beaucoup la musique traditionnelle et trouvaient toujours le temps de se rassembler et de s'amuser pour oublier un peu leur difficile quotidien.

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Dans les chantiers, nos grands-pères et nos pères travaillaient dur durant les longs mois d'hiver. Là aussi, l'un de ces vaillants bûcherons aux mains rocailleuses faisait résonner son violon, son accordéon ou sa guitare et quelques-uns poussaient leurs petites chansons pour le plus grand plaisir des autres et ainsi les longues soirées dans les bois passaient plus vite avec ces petits plaisirs de la vie.

 

Les occasions ne manquaient pas pour faire une veillée: le temps des Fêtes, les mariages, les mardis gras et aussi les élections même si on les perdait.

 

Il y a plusieurs années, les familles étaient nombreuses alors lorsque le plus vieux ou la plus vieille se mariait, ce mariage était suivi de plusieurs autres. La plupart des réceptions se faisaient chez les parents. Après le repas de noce, on poussait les meubles pour se faire de la place et c'était parti pour l'après-midi.

Certaines familles n'attendaient pas une occasion spéciale pour faire une veillée. Par exemple, le samedi soir, sachant que les gens des villages se promenaient tranquillement dans les rangs pour voir s'il y avait une veillée quelque part, l'un jouait d'un instrument et l'autre « callait » la danse laissant croire que la maison était remplie de gens en laissant la porte de la maison toute grande ouverte, s'assurant ainsi que ceux qui passeraient entendraient la musique et arrêteraient assurément pour veiller.

 

Dans la paroisse, certains endroits étaient privilégiés pour la tenue de « veillées ». Par exemple, au rang Taché dans le hangar et dans la résidence de Monsieur Louis Bois et au P'tit Canot situé chez Monsieur Étienne Pelletier. La majorité des musiciens, chanteurs, danseurs de gigue et « calleurs de danse » de Ste-Félicité ont fait « swinger » tout ce beau monde. Plusieurs musiciens de Ste-Perpétue sont venus aussi y faire de la musique par exemple les frères Pelletier et M. St-Pierre. Lorsque les cousins américains étaient au rang, il y avait une veillée presque à tous les soirs. Plus tard, les soirées se sont faites dans les salles paroissiales avec des danses modernes et toujours quelques sets carrés. Aujourd'hui à Ste-Félicité, un des seuls endroits où il se fait encore des soirées dans les maisons, c'est chez Michel Bois.

 

On ne pourrait nommer tous ceux qui nous ont fais tant danser avec des « reels endiablés », ceux et celles qui nous ont impressionnés par leurs steppettes, ceux qui ont si bien « callé » nos sets carrés, ceux et celles qui nous chantaient de si belles chansons. Mais chacun de nous se souvient de moments particuliers, de soirées exceptionnelles ou on avait tant de plaisir à être ensemble à partager notre beau folklore. À vous tous, des millions de mercis, vous avez été tellement importants et appréciés par les gens qui vous côtoyaient, vous avez contribué d'une façon très particulière à rendre la vie plus belle et faire oublier les soucis quotidiens.

 

Merci à ces ancêtres extraordinaires qui nous ont transmis l'amour de cette riche musique traditionnelle et l'opportunité de la partager aujourd'hui avec toutes les générations.

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On ne saurait parler de la musique traditionnelle sans faire allusion à l'un des pionniers de cette musique à Ste-Félicité, sinon le plus grand : Monsieur Joseph Pelletier, appelé                 plus affectueusement Jos.

 

Ce soir, Jos, comme dit si bien la chanson, c'est à ton tour de te laisser parler d'amour. Joseph, tu as été une personne d'une grande importance dans le développement de Ste-Félicité. Ta contribution en musique ne fait aucun doute et les gens sont unanimes pour reconnaître ton talent, ta passion et ton amour pour la musique en général. Ce soir Jos, nous voulons te rendre un hommage en faisant un bref survol de ta carrière. Assieds-toi bien confortablement et laisse-toi envahir par ces belles images et tout cet amour. Tu le mérites bien.

 

Joseph est né le 24 février 1931 au Rang Taché Ouest dans la maison de Lionel Bois. Il a aujourd'hui 74 ans, il est encore avec nous, nous en sommes heureux et nous sommes fiers de lui. Il a consacré plusieurs années de sa vie à la musique et nous voulons lui rendre hommage en faisant un bref survol de sa carrière.

 

Joseph est un autodidacte, il a appris la musique par lui-même, en tâtonnant, par l'essai et l'erreur, par la curiosité et l'observation. A 4 ans, il avait son premier violon. II lui a été donné par son grand-père par alliance, Monsieur Alphonse Morneau. Et depuis ce temps, il n'a jamais cessé de travailler avec acharnement pour venir à bout de cet instrument. Peu de gens peuvent se vanter de maîtriser l'art de bien jouer du violon. Oui! Jos a d'autres talents; il chante, il joue de la guitare, de la musique à bouche, de l'accordéon et de bien d'autres instruments que nous oublions sûrement, mais le violon est son instrument de prédilection.

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Celui qui lui a montré à jouer du violon est M. Charles Bouffard. Très jeune, Joseph ne cessait de le regarder, de l'épier, de lui poser des questions, de l'observer et même de le harceler pour finalement avoir la chance qu'on s'occupe enfin de lui et qu'on s'occupe de l'intérêt qu'il portait déjà à cet instrument. A l6 ans, il jouait déjà couramment du violon pour divertir sa famille ou les gens dans différentes soirées. Dans le rang Taché Ouest avec son grand ami Robert Bois, il a occupé les soirées de bien des gens. Dans le P'tit Canot sur la côte des Bois, Joseph a su faire vibrer les jeunes de son âge. Dans ce petit local, il savait mettre de la vie pour illuminer et remplir de chaleur le coeur des gens et cela par sa musique. II a aussi fait « swinger » les danseurs du P'tit Canot.

 

C’est en 1947 que sa carrière prend véritablement son envol. Il fait partie pour la première fois d'un groupe de musique. C'est avec les enfants de Monsieur Arthur Thibodeau, Maurice, Laurent et Armand qu'il se donne en spectacle dans la chapelle de Ste-Félicité. En 1960, il se joint un groupe qui marquera sa carrière et qui restera à jamais l'un de ses plus beaux souvenirs, le groupe « Les Swing Masters ». Ce groupe oeuvrera en musique pendant 4 ans. Ce « Band», composé de Jos, Fernand Lord de Tourville et de Yvon, Patrice et Réjean Pelletier de St-Damase a gagné un concours à Rivière-du-Loup. Ce concours leur a permis de jouer à la télévision de Radio-Canada pendant une heure et cela durant 7 semaines. Admettez que c'est tout un exploit pour des gens de chez-nous !

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Il a aussi fait partie du groupe de musique « Les Loisirs de Ste-Perpétue » pendant un an avec Donat et Jean-Claude Pelletier ainsi que Maurice Boucher. Peu après, il s'est promené un peu partout dans la région pour animer et orchestrer différentes soirées. En 1967, il créa avec ses collègues Gaétan Ouellet, Denis Carrier et Jim Dumas le groupe « Les Jades ».

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Enfin, c'est en 1969 qu'il créa l'orchestre « Les Royals ». Ce groupe a existé pendant 28 ans. Les Royals, c'est surtout une affaire de famille. Dans la version originale de 1969, on y retrouve Jos, Guilbert, qui sera des trois grandes versions des Royals, Gilles Pelletier, Ti-Loup Fournier et ses deux filles aînées Lorraine et Muriel. Se sont greffés par la suite au groupe, Rosaire St-Pierre, Claude et Solange Enfin, la version finale était composée de Jos, Guilbert, Michel Bois. Bruno Chouinard, Solange, Pauline. Claude et Cathie Lapointe. Bien sûr, il ne faut pas oublier Réjean Leblanc, Raynald St-Pierre et Jean-Claude Litalien qui ont aussi fait un passage dans l'orchestre Les Royals.

 

Après les Royals, Jos sest enfin reposé...un peu. Jusqu'en 2000, il animait et jouait encore de la musique dans différents galas amateurs de la région et il animait aussi les soirées au restaurant « La Brochetterie » où différents musiciens se rencontraient pour faire la fête

durant plusieurs mois de l'année. II est important de souligner aussi que Jos a été le représentant de la Côte-du Sud au sein de l’Association folklorique du Québec de 1990 à 2000. En 1993, dans un concours à Drummondville, il s'est permis d'aller chercher la première place dans la classe B au violon. Jos a aussi su agrémenter les chants à l'église, étant maître chantre pendant plus de 50 ans. Grâce à lui et à une partie de sa famille, les messes du dimanche et les messes de minuit étaient musicalement différentes et inspirantes avec l'ajout du violon et de la guitare. Le tout nous mettait dans l'ambiance de la fête de Noël.

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Jos fait donc partie des grands. L'une de ses forces était aussi l'animation. Jos a été un excellent animateur de soirées. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de chausser les souliers de Jos Pelletier. On dit qu'il n'y a personne d'irremplaçable, mais pour Jos, dans ce domaine ce n'est pas pareil. Certes, on va réussir à bien faire quand même, mais ce sera différent. Jos dans ce domaine a été unique. Dans les soirées, on ne s'ennuyait pas avec ce grand animateur. Derrière cet homme rempli de talents, se cache avant tout un homme plein de vie, d'humanisme et d'amour. C'est d'ailleurs ce qui a contribué à son succès. Jos a aimé et aime toujours profondément sa famille. Il a su transmettre cette passion de la musique à ses enfants et petits enfants. Regardez les et écoutez les, vous comprendrez.

 

Cependant, il serait injuste de passer sous silence la contribution de la femme de sa vie, Florence. C'est sûrement elle qui le connaissait le mieux. C'est elle qui l'a encouragé dans son métier, elle était presque à tous ses spectacles. Florence a toujours été dans l'ombre mais sans elle, Jos n'aurait peut-être pas aussi bien réussi dans cet art Elle a été son bras droit, elle a été d'une certaine manière son gérant. Merci Florence de nous avoir prêté ton Joseph, notre Jos national!

 

Joseph a été sur bien des tribunes. Son sourire enjôleur et sa joie de vivre ne laissaient personne indifférent. Il a su nous faire rire et détendre l'atmosphère dans ses soirées. C'est l'écrivain Peter Ustinov qui disait que le rire était la musique la plus civilisée du monde. Ce qui a fait aussi le succès de notre ami, c'est l'amour qu'il a toujours eu pour les autres. Ceux qui aiment se font aimer et sont capables de tout bien.

 

Avec Jos, tu te sentais important, peu importe d'où tu venais, peu importe ton âge, tu te voyais «grand» parce que tu te sentais accueilli par lui. N'y a t'il pas quelque chose de plus motivant dans la vie que de se sentir important pour quelqu'un? Le plus grand bien que nous puissions faire aux autres n'est pas de leur communiquer notre richesse mais de leur révéler la leur et ça, Jos savait très bien le faire.

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Enfin, Jos a été le plus grand ambassadeur de Sainte-Félicité. Son succès avait des retombées sur nous. Partout où il est passé, il amenait avec lui un peu de gens de Ste-Félicité.

 

Merci Jos pour tout ce que tu as fait pour nous, merci de nous avoir fait danser, chanter, giguer, taper du pied. Merci de nous avoir désennuyés, de nous avoir fait rire, merci de nous avoir aimés. Tu as versé du baume dans nos coeurs fragilisés et blessés par nos petits problèmes quotidiens. Tu as mis de beaux souvenirs en nous et ils seront éternels. Merci à la vie de t'avoir mis sur notre chemin et de nous avoir permis de te connaître. Nous te levons notre chapeau et nous te souhaitons longue vie encore avec nous, une vie remplie de beauté, de bonheur et de douces musiques qui transportent l’âme.

 

A toi Jos, avec toute notre admiration et notre affection.

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Et ce n'est pas terminé, ta famille tient à te faire une belle surprise. La musique a été dans sa vie un passe temps, une passion. Et la plus belle des thérapies car là où s'arrête le pouvoir des mots...la musique commence... Pour vous parler de l'homme que vous connaissez en musique et celui dans la vie de tous les jours. Quoi de plus approprié et avec un p'tit brin d'humour. Pour lui dédier tout notre amour sur un petit air connu. Ça va de soi, naturellement, je vais le faire en chantant.

 

 

CHANSON POUR JOS

 

Laissez-moi vous présenter

Quelqu'un qui s'est tant donné

En chantant

D'abord, il faut commencer

Avec ceux qui l'ont créé

« Ses parents »

 

Et dès l'âge de 4 ans

Il s'est dit « c'est amusant »

Un violon

A 12 ans, c'est le collège

Aussi bien passer le temps

En chantant

 

« La vie c'est plus marrant »

C'est moins désespérant

En chansons

 

Quelques années ont passé

Il rencontre sa dulcinée

C'est charmant

Il la trouvait très coquine

Elle jouait d'la mandoline

Surprenant!

 

Après s'être fréquenté

Il s'est dit « c'est pour la vie »

J'la marie

Partons en voyage de noces

Qui est-ce qu'on emportait dans l'temps?

« Les parents »

C'est pas c'qui'y'a d'plus trippant

Alors, il faut prendre cela

En chantant

 

Et là, on fonde une famille

Quel bonheur! Une petite fille

C'est mignon

Et pour l'endormir le soir

La berçait ou bien jouait

« Du violon »

 

C'est là qu'il a décidé

Qu'il pourrait peut-être en jouer

« Pour les gens »

c'est important dans la vie

de pouvoir se divertir

« En dansant »

ils en ont fait « swinger » du monde pendant des années

 

A travers toutes ces années

Le temps s'est vite écoulé

En chantant

Et vers les années 60

La famille est complétée

6 enfants

 

Ce n'est pas une ligue d'hockey

On a 4 filles, 2 garçons

Quelle portée

Les premiers mots qu'ils ont dit

Dans l'monde qu'ils ont grandi

DO RÉ MI

 

Les Royals sont lancés

Et maman crée

« Les vêtements »

 

Au début, y'a les plus vieux

Avec d'autres musiciens

C'est très bien

Plusieurs se sont joints à nous

Passant à travers les ans

En jouant

 

Les derniers ayant grandi

Ont pris leur place tour à tour

En chantant

Avec toute son énergie

La batterie : c'est fait pour lui

Le plus p'tit

Y'a cassé des bâtons

Mais en peu de temps

 Y'é v'nu bon

 

On a fait quelques concours

Et quelle joie, on a gagné

C'est stressant

C'est pas Star Académie

C'est pas grave, nous on s'amuse

« Au Tannants »

 

La musique, c'est notre passe-temps

Et elle coulera toujours

Dans notre sang

Et papa, on te doit tant

De nous avoir fait grandir

En chantant

 

Tu nous as tant appris

Un grand merci

Royalement

 

La famille se multiplie.

Et quelle joie de devenir

Grands-parents

 

Plus tard, il découvrira

Que l'amour de la musique

C'est magique

Et sa génération

Va continuer

En chanson

 

Merci Jos nous t'aimons

Texte intégral.

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